1.10.12

Une semaine pour m'attendrir, je crois que je l'aurais aimé...


         « Cet homme et cette femme qui s'aimèrent, marchent ensemble le long du canal. Il tombe une
petite pluie indécise au travers de laquelle flotte les odeurs de la ville : odeur de la poudre de riz des passants ; odeur du goudron des chalands mornes ; odeur du caoutchouc des imperméables. Cet homme et cette femme voudraient, tant est puéril leur amour, n'avoir qu'une pensée. Mais tandis qu'il songe, lui, en regardant trembler me reflet des réverbères sur l'eau sage du canal, à des marins et à des filles dansant dans des cabarets exotiques, à des steamers immobiles, à des petits navires sans voiles, elle pense, elle, que son rouge est trop framboise et sa poudre trop adhérente. Et tout à l'heure, cependant, dans le lit défait qui débordait de la chambre en désordre, cet homme et cette femme ont fait un louable effort pour s'aimer.
 » 

                                        Lucien François, dosages, éditions de la revue sincère, 1926, Bruxelles

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        « Mais voilà : il y a le retour, un soir, dans un quartier où rôde un souvenir, il y a un fugitif attendrissement et l'odeur mouillée d'une avenue où il a plu. Il y a les mots qu'on n'attendait que de la compagne promise et c'est celle-là, la femme qu'on voudrait seulement amie, qui les dit. Il y a aussi tout ce qu'on ne sait pas : les élans inexpliqués, les idylles qui depuis longtemps couvent en vous. Il y a elle. Lorsqu'elle incline la tête, il semble qu'il doive s'enfuir de ses cheveux quelque grand phalène odorant et vanillé. Lorsqu'elle sourit, il semble qu'il y ait tant de mélancolie à effacer derrière son sourire. »

Lucien François, dosages, éditions de la revue sincère, 1926, Bruxelles









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