Ixelles_5octobre
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1.10.12
Une semaine pour m'attendrir, je crois que je l'aurais aimé...
« Cet homme et cette femme qui s'aimèrent, marchent
ensemble le long du canal. Il tombe une
petite pluie indécise au travers de laquelle flotte les odeurs de la ville : odeur de la poudre de riz des passants ; odeur du goudron des chalands mornes ; odeur du caoutchouc des imperméables. Cet homme et cette femme voudraient, tant est puéril leur amour, n'avoir qu'une pensée. Mais tandis qu'il songe, lui, en regardant trembler me reflet des réverbères sur l'eau sage du canal, à des marins et à des filles dansant dans des cabarets exotiques, à des steamers immobiles, à des petits navires sans voiles, elle pense, elle, que son rouge est trop framboise et sa poudre trop adhérente. Et tout à l'heure, cependant, dans le lit défait qui débordait de la chambre en désordre, cet homme et cette femme ont fait un louable effort pour s'aimer. »
petite pluie indécise au travers de laquelle flotte les odeurs de la ville : odeur de la poudre de riz des passants ; odeur du goudron des chalands mornes ; odeur du caoutchouc des imperméables. Cet homme et cette femme voudraient, tant est puéril leur amour, n'avoir qu'une pensée. Mais tandis qu'il songe, lui, en regardant trembler me reflet des réverbères sur l'eau sage du canal, à des marins et à des filles dansant dans des cabarets exotiques, à des steamers immobiles, à des petits navires sans voiles, elle pense, elle, que son rouge est trop framboise et sa poudre trop adhérente. Et tout à l'heure, cependant, dans le lit défait qui débordait de la chambre en désordre, cet homme et cette femme ont fait un louable effort pour s'aimer. »
Lucien François, dosages, éditions de la revue sincère, 1926, Bruxelles
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« Mais voilà :
il y a le retour, un soir, dans un quartier où rôde un souvenir, il
y a un fugitif attendrissement et l'odeur mouillée d'une avenue où
il a plu. Il y a les mots qu'on n'attendait que de la compagne
promise et c'est celle-là, la femme qu'on voudrait seulement amie,
qui les dit. Il y a aussi tout ce qu'on ne sait pas : les élans
inexpliqués, les idylles qui depuis longtemps couvent en vous. Il y
a elle. Lorsqu'elle incline la tête, il semble qu'il doive s'enfuir
de ses cheveux quelque grand phalène odorant et vanillé.
Lorsqu'elle sourit, il semble qu'il y ait tant de mélancolie à
effacer derrière son sourire. »
Lucien
François, dosages, éditions de la revue sincère, 1926,
Bruxelles
30.9.12
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